Outre toutes les questions qui se posent, suite à cette prise de position, au sein des 26 autres membres de la communauté, ceci relance le débat interne au Royaume Uni du « rester ou sortir » de la Communauté Européenne, et renforce ainsi le clan des eurosceptiques au sein du parti conservateur. Le débat à la chambre des communes cette après midi à fait rage entre le premier ministre et Ed Miliban, leader de l’opposition, avec l’absence très remarquée de Nick Clegg, le « deputy Prime mininster », leader des Sociaux démocrates, normalement assit sur le banc du gouvernement cote à cote avec le premier mininstre.
Le Financial Time écrivait ce week end que la décision du Premier Ministre a donnée l’avantage aux positions du Président Sarkosy contre celles de l’Allemagne. Mais surtout, elle permet au gouvernement de Londres d’éviter un referendum perdu d’avance dont l’issue aurait probablement forcée la Grande Bretagne à sortir de l’Europe. Est-ce la la seule et unique motivation de Mr Cameron ?
D’une façon générale la presse rapporte une incompréhension totale des demandes britanniques (essentiellement liées à protéger l’industrie financière de la City) de la part des dirigeants des autres pays Européens. Ceux-ci étant présent pour discuter des moyens d’enrayer la crise de l’Euro, et non pas des plans de reforme de l’industrie financière à l’étude au sein de la commission.
David Cameron se serait-il trompé de rendez-vous ? Les pressions internes et divergentes qu’il subit (pression des back benchers conservateurs et le besoin de satisfaire ses partenaires Démocrates Libéraux du gouvernement de coalition) ne lui permettaient pas une marge de manœuvre suffisante dans une quelconque négociation. En effet, les positions prises par le premier ministre, avant son départ pour Bruxelles, étaient de reprendre certains des pouvoirs détenus par la commission et non lui en donner plus. Perdre une partie du contrôle de sa politique fiscale et économique à terme, n’était donc pas envisageable.
La population britannique - qui n’est pas majoritairement en faveur de l’Europe, tout en appréciant la libre circulation des personnes, les bienfaits du marche unique (l’Europe est de loin le premier client du Royaume Uni) et de l’absence de barrières douanières - se verrait tres bien en dehors de l’Europe, tout en conservant ses avantages les plus visibles.
Le premier ministre insiste que son attitude dans la nuit de Jeudi à Vendredi dernier ne remet pas en cause l’engagement du Royaume dans l’Europe et refuse l’argument de l’isolation. Une chose est sure, il n’est pas possible de lui reprocher un manque d’engagement dans la défense, l’élargissement de l’Europe, et bien d’autres sujet d’importance au sein de la communauté.
Il est bien trop tôt pour se prononcer sur les conséquences (ou non) futures de l’événement de la semaine dernière. Sommes nous de retour a une ère plutôt Thatchérienne de la politique Européenne Britannique ?